VISITE PRIVÉE

Scénario libre

par Maison Emilienne



Au cœur de La Grande-Motte, Lorène et Vincent Muratel, les fondateurs de Maison Emilienne, s’emparent avec délice du projet de rénovation d’une maison de vacances des années 80. Aventure d’une interprétation libre et inventive.


Matériaux naturels, marques fétiches comme la Maison Sarah Lavoine sont la signature de Lorène et Vincent.

Ici, le féminin du Couchant répond au masculin du Levant, la lumière et l’ombre jouent sur les façades des immeubles à la géométrie puriste de l’architecture moderne. Véritable œuvre d’art de Jean Balladur, architecte visionnaire, La Grande Motte est une ville singulière, dotée d’un patrimoine architectural vivant. Jean Balladur est choisi par l’état, en 1962 pour concevoir, ex-nihilo, une station balnéaire. Ce qui n’est pas encore La Grande Motte deviendra l’oeuvre de sa vie et le rêve de tout architecte : construire sur une page blanche, la cité idéale. Il dote La Grande Motte d’une personnalité architecturale qui marquera les esprits et ne laissera pas indifférent, créant, souvent, d’interminables polémiques. Il fait de son projet de ville, une utopie réalisée : la ville est un parc de 22 000 arbres où le piéton et le cycliste sont rois. Après les pyramides tronquées inspirées du site précolombien de Teotihuacan, la Grande Motte a continué de s’étendre dans les années 80 en créant un quartier de maisons autour d’un étang et d’un golf. Dans la continuité du projet initial, de grands espaces verts sont créés afin que les habitants puissent se promener exclusivement à pied ou à vélo.



Chambre idéale avec le papier peint Bahamas aux fleurs immenses.

Dans un mélange savoureux de discipline et d’imagination solaire, Lorène et Vincent ont quitté le centre ville de Montpellier pour venir habiter La Grande Motte, un rêve pour leurs adolescents, passionnés de mer et de planche à voile : recréer une vie de vacances au quotidien ! Un peu éloignée de la plage mais proche de toutes commodités, cachée par des pins parasols immenses et de belles allées de lauriers roses et blancs, la maison des années 80 leur a semblé le lieu idéal pour recommencer une nouvelle vie. Point de départ de la rénovation, imaginer une vie tournée vers l’extérieur et son délicieux petit jardin. Seuls le toit et quatre murs restent debout car la maison peu fonctionnelle et abandonnée depuis des années ne correspond pas à leur façon de vivre. C’est un espace de 175 m2 où toutes les pièces ont été modifiées.


Fauteuil Honoré couleur citron sous la pergola en bois flotté.

Les espaces de vie s'ouvrent sur le jardin pour privilégier une vie dedans-dehors, une continuité vers cette existence de vacances permanentes. Pour casser le volume et créer un lieu où l’on se sente bien, Lorène et Vincent imaginent une verrière, des niveaux en créant une marche ou en abaissant le plafond. Au sol du béton ciré blanc délimité par endroit par des carreaux ciment créés sur mesure pour la cuisine, des zelliges pour les salles d’eau et du jonc de mer pour les chambres. Des matériaux naturels, des espaces ouverts mais avec des zones d'intimité avec des banquettes moelleuses, des verrières en bois blanc moulurées le tout articulée autour d'une cuisine familiale en bois ancien de récupération.



« Nous avons essayé de travailler exclusivement avec des matériaux naturels. » Des bois anciens pour réaliser la porte d’entrée et les meubles de cuisine. Le plafond est rythmé par des lames de bois blanchies. Le fil rouge de cet espace reconsidéré est l’unité du sol et du plafond. Jouant sur des tonalités mouvantes offertes par la lumière naturelle, elles modulent et adoucissent la circulation entre l’extérieur et l’intérieur. Lorène et Vincent travaillent main dans la main pour offrir à leur réalisation, du cachet, des lettres de noblesse. Vincent est ingénieur béton, Lorène est décoratrice, ensemble ils ont mené leur chantier en 3 mois seulement ! « Dans chaque projet on compose, on partage avec un pourcentage d’amusement, de liberté et de fraîcheur. » Mais attention, tout a été pensé en amont avec leurs artisans et un fil conducteur guide toute la réalisation. « Le jardin s'est imposé, on l'a laissé tel qu'il avait poussé, un bel olivier un figuier, un grenadier juste quelques stippas et ganivelles pour me rappeler les dunes de l'océan. »



Par contre la piscine des années 80 a laissé place à un bassin balinais habillé de bejmats, carreaux en terre cuite fabriqués par des artisans marocains à partir de jarres anciennes. Une pergola en bois flotté abrite des ardeurs ensoleillées, une maison du sud, une maison de bord de mer, une expérience fantastique.


Cette maison est à la location pendant la période estivale.
bonjour@maison-emilienne.com


Texte : Isabelle Aubailly • Photos : Alexia Roux