VISITE PRIVÉE

Tutoyer le clocher


L’agence d’architecture (ma!ca) inspirée par les pierres et la modernité a choisi de nous révéler une rénovation unique : une écriture sur-mesure d’une grange ancestrale.

La composition de cet espace - entre quatre murs - est fidèle à un mode de vie méditerranéen.

Dans le centre historique d’un village préservé, face à l’église, une grange viticole et sa maison attenante sont à restructurer afin d’y créer un lieu de vie intimiste et privilégié. De ce fait, les éléments prestigieux et patrimoniaux de la maison existante sont conservés - l’escalier en pierre, les carreaux de ciment, la charpente en bois - tandis que le grand volume minimal de la grange se transforme en espace de vie ouvert et fluide, largement tourné vers l’extérieur et ponctué par un patio carré en fond de parcelle. Si la maison existante est le lieu familial dédié aux chambres, c’est dans l’ancienne grange viticole que s’organisent les usages quotidiens diurnes de l’espace de vie. La forme archétypale de la grange tout en longueur, propose naturellement une organisation en enfilade : cuisine, salon et grande tablée ouverte en proue sur le patio et le bassin. La position, attenante à la façade du bassin, permet d’apporter à chaque instant de vie, des variations d’atmosphères, des vibrations naturelles de l’air et de la matière, au rythme des saisons. À l’extérieur, une partie de la toiture de la grange existante a été retirée afin d’y créer le patio à ciel ouvert. La composition de cet espace - entre quatre murs - est fidèle à un mode de vie Méditerranéen. Qui plus est, en choisissant de conserver un des murs pignon en pierre de la grange, vestige du passé, c’est la thermicité de l’ouvrage qui est en jeu. La pierre calcaire conserve, notamment en période estivale, une hygrométrie nocturne agréable et propice à l’utilisation du lieu.

La forme archétypale de la grange tout en longueur, propose naturellement une organisation en enfilade : cuisine, salon et grande tablée ouverte en proue sur le patio et le bassin.

La composition du patio intègre aussi, pour moitié, le bassin de nage. Cette imbrication « à moitié » donne à cette languette d’eau une posture fondamentale : elle est le pivot de la composition d’ensemble des extérieurs qu’elle connecte avec l’intérieur de la maison. C’est l’enchevêtrement de tous ces éléments - architecturaux, historiques et techniques - qui confèrent au projet la possibilité d’une écriture « sur mesure » de chaque détail, la fabrication de l’esprit du lieu.


Une partie de la toiture de la grange existante a été retirée afin d’y créer le patio à ciel ouvert.

Rencontre avec (ma!ca), agence d'architecture.

Quelles étaient les intentions des propriétaires pour cette rénovation ?

Les propriétaires ont hérité de la maison de village et de la grange viticole attenante (le papa était dans le vin) ainsi qu'un petit jardin en contrebas (3m au dessous). L'idée était de relier les deux bâtiments (malgré les différences de niveaux et d'écriture architecturale notamment). La maison devait être conservée au maximum en l'état avec le coin nuit et la grange devait recevoir l'espace de vie. Le coin jardin qui était 3 mètres au dessous de la grange a été organisé en garage sur lequel nous avons installé la grande terrasse extérieure et la piscine (en effet la cuve de la piscine est visible depuis le garage sous la terrasse). Nous voulions que la piscine participe à la vie de la maison au maximum, c'est pourquoi elle est littéralement collée à la façade. Une partie de la toiture de la grange a été supprimée pour créer un patio carré Méditerranéen dans lequel la piscine dessine un bassin.

Quelles ont été vos plus grandes contraintes ?

Les plus grandes contraintes ont été structurelles : l'étude de sol qui a été réalisée était déficiente et le bon sol a été trouvé à 4m50 au lieu des 80cm qui avaient été annoncés. Le bassin de la piscine est donc fondé très profond avec de grands piliers en béton jusqu'au bon sol. Il fallait aussi réaliser un chantier en plein centre du village dans un lieu très contraint (largeur des rues, sens de circulation). Faire venir une grue et de gros engins dans ce site a été très difficile. Il fallait également composer avec un voisinage très proche (murs mitoyens) et les problèmes qui en découlent.



Il semble que les sols ont pu être sauvegardés, pouvez-nous expliquer votre choix de conserver les carreaux anciens et comment les mixer avec des matériaux plus contemporains ?

Les carreaux ciment anciens étaient présents dans le grand hall avec le bel escalier d'époque. Il était pour nous essentiel de les conserver (tout comme l'escalier) car ils font partie de l'identité intrinsèque de la maison. Notre travail consiste en la mise en œuvre d'un équilibre fragile entre le déjà là et le nouveau projet. Les carreaux du projet sont très abstraits (grands carreaux avec joints minimal) pour contraster avec les carreaux existants.

Vos choix de luminaires sont souvent très appropriés. Comment vous y prenez-vous ?

Le plan d'électricité et des luminaires est fondamental dans notre travail puisqu'il accompagne l'intention architecturale. Les sources de lumière artificielles mettent en valeur et soulignent le projet. Nous travaillons beaucoup avec des Leds encastrés, fines lignes graphiques qui dessinent des perspectives par exemple. Nous aimons beaucoup les luminaires de chez Areti ou Flos.



Comment a été traité l'extérieur ?

L'extérieur (la grande terrasse en bois) recouvre donc le petit jardin qui était en contrebas (qui est devenu le garage). Nous avons souhaité un extérieur riche et diversifié : bassin, patio et terrasse, ingrédients de l'architecture vernaculaire méditerranéenne.


Architecture: (ma!ca)
maca-archi.fr

ingénierie structure: Guy Meozzi


Texte : Isabelle Aubailly • Photos : @Julien Kerdraon