VISITE PRIVÉE

Comme un air de parfum


La ville du parfum souvent citée comme référence est Grasse. Pourtant, Montpellier avait développé bien avant un savoir incomparable la rendant incontournable dans ce secteur.


Dès le XIIIe siècle Arnaud de Villeneuve, illustre médecin et enseignant à Montpellier fit connaître l'essence de térébenthine. Ainsi sera créé au XIVe siècle le premier alcoolat célèbre : l’Eau de la Reine de Hongrie, préparation fameuse à base de romarin et d’essence de térébenthine. L’Eau de la reine de Hongrie fut Le parfum de France, exporté dans toute l’Europe, son succès dura jusqu’au règne de Napoléon 1er. Elle prit alors pour nom Eau de Ninon. C’était un parfum et un médicament très en vogue à l’époque de Louis XIV, depuis que le monarque en fit usage pour se soigner en 1675 et 1678. De fait, toute la cour en usait et se fournissait dans une boutique de Montpellier. Montpellier fût donc au XVIIIe siècle la première ville du parfum. La capitale du Languedoc avait développé un savoir incomparable la rendant incontournable dans ce secteur grâce à l'émergence des universités, et aux progrès scientifiques dans le domaine de la distillation. Sa situation géographique à mi-chemin entre l'Espagne et l'Italie, la présence de nombreuses matières premières arrivées en abondance grâce au commerce des épices avec l’Orient comme l’ambre, la cannelle, le camphre, la muscade, le santal ont permis le développement de cet art jusqu’au début du XXe. Les parfumeurs de Montpellier traitaient des poudres d’iris, romarin, jasmin, lys. L'activité s'est éteinte peu à peu pour s’arrêter presque complètement dans les années 1960-70.


C’est une des premières journées froide d’hiver et le vent du nord souffle fort sur la terrasse incroyable de cet appartement très ancien au cœur de l’Écusson. Ici, un parfumeur cultivait encore il y a 50 ans les plantes médicinales qui lui permettaient de créer ses parfums. C’était un jardin sur les toits avec vue sur le dôme de l’Opéra et certainement un des plus prestigieux de Montpellier. Comme il doit être agréable à la belle saison d’admirer le coucher de soleil alangui sur les larges coussins en respirant l’air du ciel, en écoutant les bruits de la ville et en imaginant les gestes de l’ancien parfumeur. Un panorama unique et changeant sur l’ancienne cité médiévale qui dévoile les édifices majeurs de l’Écusson, de l’église Saint-Anne à l’Opéra Comédie jusqu’à la Cathédrale Saint-Pierre. La vue s’étire au loin jusqu’aux paysages du pic Saint-Loup et du littoral.


Marc a acheté cet appartement atypique de 137 m2 en 2007. Il était dans un triste état car peu entretenu et à moitié démolit par la propriétaire précédente. Avec l’aide d’un architecte des Bâtiments de France, Marc a imaginé un lieu de vie où l’ancien côtoie la modernité et où l’espace met en valeur les traces du passé. Un accès direct au jardin sur les toits a été créé à l’intérieur de l’appartement en supprimant une chambre sur mezzanine et en posant un escalier discret qui permet de rejoindre l’espace extérieur. Face au jardin, Marc a voulu construire une cuisine, simple et totalement ouverte sur la lumière naturelle. La laque blanche et mate se marie à la perfection avec la brutalité des pierres de taille des murs. Elle permet de se restaurer tout en admirant les saisons, on savoure le soleil ou la pluie de la même manière, les yeux toujours tournés vers le ciel ! La pièce de vie principale offre une hauteur sous plafonds de plus de 6 mètres. Une voûte a été réalisée pour souligner les pierres anciennes et apporter du caractère au salon.

La pièce de vie principale offre une hauteur sous plafonds de plus de 6 mètres. Une voûte a été réalisée pour souligner les pierres anciennes et apporter du caractère au salon. Des brise-vues en verre dépoli permettent de masquer la vue sur cour tout en permettant à la lumière d’entrer.


Des brise-vues en verre dépoli et miroir permettent de masquer la vision sur la cour tout en permettant à la lumière de se faufiler. Des œuvres d’art colorées du peintre Bocaj soulignent l’extravagance de la hauteur et réchauffent l’atmosphère. C’est une pièce unique où la modernité du mobilier caresse la beauté des pierres. La maîtrise de la lumière permet au séjour de profiter d’une atmosphère contemporaine chaleureuse. Au sol, des pierres de Bourgogne rappellent les barres originales qui n’ont pas pu être conservées. Toutes les menuiseries ont été changées et l’isolation a totalement été revue.


Suivent après une entrée magistrale, deux suites parentales à l’ambiance feutrée, murs blancs et portes de bois. Marc a imaginé et réalisé une salle de bain à l’esprit mauresque, un rêve de bain oriental où les mosaïques mordorées se mêlent au béton ciré. Les matériaux sont authentiques, sobres et élégants. Un doux parfum nous envahit, celui des essences de myrrhes et de santal. Là-haut sur la terrasse le vent souffle toujours mais seule la vision de ces toits de briques, de ce ciel perturbé nous envahit de bonheur.


L’appartement du parfumeur est en vente chez Deflandre
www.agence-deflandre.com
Contact : Alexander au 07 81 57 90 91


Texte : Isabelle Aubailly • Photos : Juliana de Giacomi