VISITE PRIVÉE

Parenthèse italienne


Rénovation au sein d’un hôtel particulier unique dans une ruelle de l’Écusson.



Une lourde porte de bois et on découvre un morceau d’Italie, un poème de Guillaume Apollinaire.

Murs délavés en rouge, plafonds peints et vitraux multicolores habillent un monumental escalier de pierres. Un palais somptueux abandonné au soleil de la méditerranée.

Au XVIIe siècle, l'immeuble appartenait au Marquis de Montferrier Antoine Duvidal, fils de Jean-Antoine du Vidal de Montferrier. Il était conseiller à la cour des comptes, aides et finances de Montpellier et syndic général de la province.

Pour l'anecdote : « Le marquis de Montferrier, avait offert à la ville de Montpellier la source du Boulidou, à Saint-Clément, qui alimentait l’aqueduc, jusqu’au château d’eau du Peyrou. Pour le remercier, la ville de Montpellier avait offert l’eau à l’hôtel de Montferrier, sis rue de l’Aiguillerie. Trois siècles plus tard, l’eau est toujours gratuite pour les habitants de l’ancien hôtel particulier. » (extrait du blog de Caroline Fabre-Rousseau)

Au dernier étage un loft aux fenêtres démesurées a gardé toutes les empreintes du passé mais le lieu longtemps abandonné a retrouvé faste et beauté d’antan.




Keith et Timo sont tombés amoureux de ce bout d’histoire aux couleurs de l’Italie et ont entamé d’énormes travaux de réorchestration. En fait ils ont acheté deux grandes pièces pour les transformer en un espace totalement singulier, empli de charme et de curiosité.

Ils ont retrouvé les poutres de bois, les murs de pierres ancestraux aux couleurs dorées, les moulures fragiles. Une chambre a été créée à la place de l’arrière cuisine, l’escalier a été supprimé et les ouvertures intérieures agrandies pour laisser la lumière circuler.

Deux ambiances distinctes avec d'un côté une large cuisine construite autour des vestiges du passé que sont les murs de pierre et, de l'autre côté un salon immense ouvert sur une place ensoleillée au style plus classique.

Keith et Timo ont conservé l’esprit baroque des décorations picturales dans les lourds rideaux de soie et de coton du salon, dans les objets retrouvés, dans les peintures et les lustres. Et pourtant la modernité est là dans cette table de bois brut de la cuisine, dans le tapis en kilim et dans le canapé sobre et épuré du salon. La rénovation a tout de même pris une petite année car ils ont tout imaginé et réalisé eux-mêmes.

Ce palais au cœur de l’Écusson ancré dans une atmosphère artistique et historique célèbre le charme des matériaux et de l’architecture des siècles passés. Un écrin coloré et ensoleillé.



Discussion avec Keith Hall, propriétaire

Connaissez vous des anectodes sur cet hôtel particulier ?
Keith Hall : Oui, il existe un puits aux pieds de l’hôtel qui date du XIVe siècle donc les premières pierres datent de cette époque. Nous voyons souvent des touristes entrer dans la cour pour venir admirer les vitraux et l’entrée. Nous sommes musiciens et nous aimons parfois jouer du violoncelle et du violon dans cette cour merveilleuse et l’on ressent le faste de cette époque.

Avez-vous fait de belles découvertes lors des travaux ?
K. H. : Oui, les pierres sont apparues après de nombreux jours de nettoyage. Elles étaient recouvertes de plâtres et disparaissaient totalement. Nous avons également découvert un magnifique radiateur en fonte que nous avons conservé comme élément de décoration, il est le reflet d’une époque et nous le trouvons très beau. Une porte a été supprimée car elle servait de porte d’entrée aux serviteurs, elle ouvrait directement sur la rue par un escalier en colimaçon.

D’où proviennent les objets, les matériaux de décoration ?
K. H. : Tim, mon compagnon s’est occupé de toute la décoration et il a chiné les objets design et plus anciens. Les murs de la chambre sont recouverts de panneaux de soie rapportés de Turquie. Les lourds rideaux du salon proviennent de Londres, d’une boutique qui revend de précieux souvenirs récupérés dans des ambassades ou des palaces, ces tentures étaient donc celles de l’Ambassade de France à Londres. Nous voyageons souvent en Asie et beaucoup d’objets ont été découverts au Japon, en Chine ou à Hong-Kong.


Cet appartement est à la vente chez Casanova Immobilier
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Contact : Jérôme Quemeneur
Tél. : 06 65 95 96 07


Texte : Isabelle Aubailly
Photos : Juliana de Giacomi