ESCAPADE

La villa Otero





Lorsqu’en 1860 Nice devint française, la noblesse et la grande bourgeoisie internationale s’y donnent rendez-vous pour la saison d’hiver. Située au cœur du quartier Belle Époque de la ville, la Villa Otéro est idéalement situé dans le quartier des Musiciens. Au cœur de Nice, il permet de rejoindre en quelques minutes à pied la promenade des Anglais, la vieille ville et les grands magasins de l’avenue Jean Médecin.

Au sommet de sa gloire, mais inquiète de voir faner sa beauté, Caroline Otéro, que l’on surnommait La Belle Otéro se retire en 1915 à Nice jusqu’à la fin de ses jours. Danseuse, actrice, première star du cinéma et courtisane adulée par les plus puissants hommes de son temps, elle incarne à elle seule, le glamour de la belle époque. Une période pendant laquelle le tourisme prit son essor sur la riviera française avec la construction de luxueuses villas dont s’inspire aujourd’hui la Villa Otéro, ce nouvel hôtel au coeur de Nice.

La façade 1900 de la Villa Otéro témoigne de cette période qui a inspiré l’architecte d’intérieur Stéphanie Cayet. C’est une rénovation d’un petit hôtel abandonné depuis des années à son triste sort. Toutes les pièces d’accueil du rez-de-chaussée ont été redistribuées. Dans l’esprit des villégiatures d’alors, elle a composé le lobby à la manière d’un salon de thé aux allures de jardin d’hiver où flotte un parfum sensuel et ambré. Sur un damier de carreaux blancs et noirs, les tables guéridons bordent de grandes fenêtres par les rideaux desquels filtre une belle lumière. Autour de la cheminée de marbre, les bibliothèques sont peuplées d’objets chinés et de livres anciens qui ajoutent au caractère intimiste de l’espace, réchauffé par le papier peint des murs et les fauteuils bas tapissés de velours. Caché derrière des persiennes le buffet se découvre à l’heure du petit déjeuner et du happening gourmand de l’hôtel : « Le grand goûter ».


Le décor rétro et féminin des chambres fait la part belle aux tissus mis en valeur par la grande tête de lit monochrome. Derrière elle, un mur tapissé de papier peint donne la couleur dominante de la chambre. Bleu, vert, ou mauve, il est peuplé d’oiseaux paradisiaques qui se détachent de feuillages exotiques que l’on retrouve sur les rideaux. Cette touche « d’ailleurs » est reprise dans les cadres en rotin. Les luminaires contemporains apportent une modernité, qui opère comme un faire-valoir aux photos anciennes parmi lesquelles un portrait de la Belle Otéro. Les grandes hauteurs sous plafonds soulignés par des moulures, un coin « salon » aménagé d’un fauteuil et les nombreux coussins participent au sentiment de confort de ces chambres lumineuses dans lesquelles il est agréable de passer du temps. Les salles de douche à l’italienne sont elles aussi composées sur le mode rétro chic, avec des carreaux ciment et des vasques à l’ancienne qui ajoutent à l’esprit de grande maison. La couleur bleue fil conducteur de cette rénovation illustre la mer et le ciel de la riviéra. Le vert si présent dans les papiers peints représente le végétal, les palmiers si représentatifs de la promenade des Anglais. Enfin le parme est la teinte féminine par excellence qui immortalise la Belle Otéro.

Les mélanges de motifs, de teintes évoquent l’exubérance de la belle époque. Nice a su conserver la liberté architecturale de ces années fastes : riches façades avec balcons, toits avec consoles, coupoles fièrement dressées, colonnades et cariatides. Ces riches vestiges sont ici à la Villa Otéro mis en valeur par un aménagement intérieur à l’image de cette démesure mais bien planté dans notre époque. Contemporanéité et empreintes du passé délivrent un hôtel bijou atypique : tous les objets sont choisis avec soin, des lampadaires fabriqués sur mesure aux téléphones rétro chinés. On a l’impression de découvrir une maison de famille oubliée, une maison où actrices et courtisanes ont vécu des années légères à se promener et à profiter du temps clément et des beautés de la Côte d’Azur.

Les petits plus de la Villa Otéro :
• Dix chambres de la Villa Otéro disposent d’un balcon et 5 proposent une grande terrasse meublée pour profiter du coucher de soleil.
• Un plateau de courtoisie avec une sélection de thés « Palais des Thés » est à disposition dans toutes les chambres, ainsi qu’une machine Nespresso dans les chambres supérieures.
• Une sélection de produits Nuxe est offerte à tous les clients de l’hôtel.

Stéphanie Cayet, architecte d’intérieur, diplômée de l’école Boulle et de l’école Camondo, a fait ses armes auprès de Jacques Garcia et Jean- Philippe Nuel, deux références incontournables de l’hôtellerie de luxe. Du premier elle retient les codes d’un style classique, capable de s’émanciper jusqu’à l’exubérance. Du second, celui d’un style contemporain chaleureux et individualisé. Forte de cette expérience acquise dans la direction et la gestion de projets d’envergure, elle fonde en 2009 sa propre agence. Elle intervient depuis pour des hôtels, des bars et des résidences particulières dans lesquels elle aime raconter une histoire qui révèle l’âme des lieux, comme à La Villa Otéro où elle transporte sans nostalgie le visiteur dans l’atmosphère de la Belle Époque niçoise.


Villa Otéro
58 rue Hérold - 06000 Nice
Tél. : 04 93 88 96 73
www.villa-otero.com


Texte : Isabelle Aubailly